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“Bagarres”
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Suivre le lien pour voir l’exposition de Jean-Paul Chambas Exposition à la Galerie Anne-Marie et Roland Pallade à Lyon des dernières oeuvres d’Eric Liot (“Slameurs d’icônes”) du 12 janvier au 9 février 2008. Rien ne serait plus faux que d’associer la peinture de Proweller au pop’art. Le regard superficiel serait pourtant porté à le faire, cherchant une référence à ces images que j’ose appeler inédites. Apparues trop tôt dans les années cinquante, à contre courant dans l’abstraction dominante- elles ne deviennent lisibles qu’à présent, à la faveur de ce déplacement esthétique survenu à la suite du pop’art et son retour net à la figuration. Or si figuration il y a dans l’œuvre de Proweller, si elle est centrée sur le quotidien, elle ne se déplace nullement au niveau d’une quelconque image standardisée à la manière des artistes pop, mais bien au contraire, son but est de révéler l’impact que le quotidien possède. Là où, le peintre pop, sur un mode ironique ou désabusé, met bien en vue la distance qui le sépare du réel, Proweller, lui atteste de son adhésion. Coûte que coûte, il doit pénétrer le réel, le saisir tel qu’il est autour de lui pour en extraire une vérité- la vérité, celle qui donnerait comme jadis la pleine possession des choses, étant aujourd’hui un leurre. Franchir le vide que le pop’art a cerné, et prenant conscience à la fois de la crise de l’art et de la crise qu’il reflète, faire confiance à une survie du réel, tel est le propos de Proweller semblable à un acte de foi. Dora Vallier (extrait du texte de présentation de l’exposition Proweller, Galerie la Roue 1972) Une peinture claire et précise où de larges aplats définissent les figures d’une géométrie soumise aux exigences des êtres et des choses dont elle installe l’image. L’oiseau sur la branche, le paysan au labour, les couples d’amoureux s’inscrivent dans la couleur de vastes toiles en des contours d’une savante sécheresse, en couleur dont l’arbitraire crée de secrètes harmonies. Surfaces solidement organisées, puissamment bloquées par la pesanteur des masses, elles sont celles d’un peintre qui sut, en 1953, à contre-courant, abandonner l’abstraction géométrique pour réintroduire, avec le spectateur, un dialogue subtil en empruntant au monde quotidien ses formes « élémentaires. Ainsi, la rigueur s’ouvre-t-elle à la poésie, au charme d’un enlacement nocturne ou d’un vol de corbeaux. Mystérieuse peinture usant des plus forts cadrages photographiques pour offrir des images où la joie de vivre rencontre la joie de peindre. Une allégresse étrange qui devient hiératique, tant la maîtrise des moyens la cerne ; une pureté formelle, fascinante tant sa force propre, libre de toutes contraintes illusionnistes, sait faire chanter les grâces concrètes d’un monde lumineux jusqu’en ses plus profondes nuits. Une peinture « raisonnable », selon le mot dont Apollinaire caractérisait l’art de Matisse. » Jean-Louis Pradel (préface de l’exposition à Noisy-le–Sec en 1973)
“Au fil du motif” (…) les prétextes qui ne furent jamais des modèles à reproduire plus ou moins scrupuleusement, ne sont la mesure de rien, n’ont été que des motifs, des mobiles et des motivations, ce qui étymologiquement parlant, met en mouvement. Et Proweller s’en est débrouillé, emporté qu’il a été par leur prégnance. Par choix et discernement, il en a substancé ce qu’il a pu, le plus férocement du monde, pour que rien de ce qui est à un point ou à un autre de ce mouvement, d’un regard à l’autre, ne soit altéré, pour que tout restitue l’égale et différente effusion qu’il a éprouvé à observer ce pivert, cette chatte, cette maîtresse, ce troupeau, ce berger, ce couple ou ce nu, et à les peindre, pour que tout dans la reproduction de tel ou tel tableau égalise cette motivation et la restitue. Il a élagué, tranché, il n’a pas craint d’être primesautier ou convenu, affaire de doigté, toute l’affaire, pour parvenir par dissemblance à une équivalence, à une sorte d’image qu’il voudrait pouvoir être archétypale, sans pour autant abuser sur cette prétention. (…) Des tableaux, tous différents les uns des autres, rapprochent dans une mythologie du quotidien des choses familières, autant d’aventure dont l’on discerne quelques uns des fils sans jamais pouvoir n’en rien savoir, des tableaux à regarder qui toujours déroutent par l’audace et la simplicité, par l’émotion du regard et la hardiesse des solutions trouvées. Si aujourd’hui, comme hier, se pose la question (sans que soit posée la question de cette question) du rapport du peintre à sa pratique ; si aujourd’hui comme hier, de partis pris en rupture, des replis s’opèrent et de rassurantes conceptions de la peinture sont prises comme modèles, ce qui le plus souvent conduit à de tristes désastres, la démarche de Proweller doit avoir valeur d’exemple, et certains ne s’y sont pas trompés, car elle ne se complait dans aucun enfermement respire toujours l’air du temps, à l’affût de ses motivations, car elle ne conduit à aucun renoncement et renouvelle en inventant sans cesse. (…) Patrick Le Nouëne (extrait du catalogue de l’exposition galerie Krief-Raymond 1980) “Courbes de vie” Scènes très quotidiennes de vie tranquille ; enfants, gens simples, fleurs, oiseaux, couples qui s’enlacent, journées lumineuses et nuits apaisées, mains sur le ciel, formes pleines et rondes : Les tableaux de Proweller s’inscrivent en courbes de bonheur sur le tragique du monde, sur son devenir inquiétant. Cette simplicité du vécu, cette harmonie, cette lumière, sont le résultat d’une longue maturation d’une vitalité sans cesse remise à l’épreuve pour atteindre et maintenir la plénitude de l’instant où tout vibre où tout est en rapport de sympathie grâce à des couleurs et à des formes qui se répondent. Les tableaux de Proweller sont d’une telle densité et d’une telle subtilité que leur contenu ne peut qu’échapper à un observateur superficiel muni d’un code de lecture stéréotypée. Tableaux inspirés, ils suggèrent beaucoup. Le bonheur n’existe pas plus que la vérité à l’état de permanence comme s’il était possible de ramener l’univers à un seul élément. Par contre il importe de trouver, de préserver ou de faire renaître ces zones protégées dans l’espace, dans le temps et en soi-même où les courbes de vie peuvent s’épanouir tout au long de leur trajectoire, et c’est justement ce que construit Proweller. Peinture naît de tensions multiples, tension entre la conscience lucide que tout change et le besoin douloureux de permanence, tension entre la volonté de tout sentir dans la plénitude et la confusion de tous les sens et celle d’organiser ces sensations en un monde intelligible, tension entre une existence bourrée de malheur et un amour de la vie qui chaque fois sauve le peintre ; Et nous découvrons un monde lumineux d’harmonies heureuses, monde utopique mais d’une utopie quotidienne où le temps freine et s’arrête, où les corps jouent librement dans la douceur du jour et de la nuit. Cette peinture devance même d’une certaine façon la modernité puisqu’elle parle déjà de reconstruction possible à un moment où tout s’effondre. La sérénité aurait-elle, par moment, dès maintenant sa place ? Dans la courbe de vie de Proweller le bonheur est au beau fixe. » Jean-Marie Gibbal “Proweller, courbes de vie” Michel Seuphor Gabriel Buffet-Picabia Denys Chevallier A.Zemsz Jean Bouret Jean Blot Michel Conil-Lacoste Dora Vallier Henry Galy-Carles Jean-louis Pradel Jean-Marie Gibbal Jacques Donguy Michel Crozel Patrick Le Nouëne Michel Demoulin Oscar Rosowsky Michel Tyszblat expose au Centre d’Art Contemporain de Mont de Marsan du 24 janvier au 15 mars 2008. |
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