“Mon travail s’appuie sur une vision du monde actuel” (Christophe Compiano)
Les peintures et sérigraphies de Christophe Compiano, se positionnant au croisement de la politique internationale et de la consommation de masse, proposent une vision à facettes multiples de nos sociétés contemporaines. Conçues telles des journaux de bord visuels, ramenés de voyage par cet artiste nomade, ces œuvres se situent à mi-chemin entre les peintures fragmentées de Franz Ackermann et les paysages urbains stratifiés de Julie Mehretu. Perspectives cartographiques, schémas techniques, détails décoratifs minutieusement rendus, images empruntées aux bandes dessinées, à l’Histoire de l’art, à la science ou aux médias, s’y enchevêtrent dans des compositions rigoureusement organisées, dont la cohérence est assurée par des aplats et coulures de couleurs vives : “Dans un réservoir aussi hétéroclite où l’érudition et le terre-à-terre se touchent, j’ai trouvé de quoi puiser.”, affirme l’artiste. L’univers du jeu et celui de la guerre semblent intimement imbriqués dans des images fractalisées, métaphores de la division géopolitique de nos sociétés contemporaines : “Mon travail s’appuie sur une vision du monde actuel. Le tourisme sexuel, les grandes épidémies contemporaines, l’évolution technologique sans frein, l’inégalité entre Nord et Sud, la guerre, la mort liée à ces événements ou à ces situations (tous ces sujets, entre autres sont pour moi une source d’inquiétude). C’est le poids de cette souffrance morale et physique sur le monde que je veux montrer, parce qu’elle me renvoie à ma propre expérience de la vie et de la souffrance.”
Leila Pinard